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Isabel

This song is by Font et Val and appears on the album À l'Olympia (1978) and on the album Vingt Ans De Finesse... (1993).

Isabel se taisait dans un coin de la chambre
Vers quelle aventure folle, vers quel triste néant
Ses yeux quittaient mes yeux et mon cœur en décembre
Grelottait dans l’attente d’un geste engageant
Isabel, solitude, derrière ses cheveux noirs
Lisait dans les dessins du pelage du chat
Et caressait les livre tous gonflés de savoir
Rien dedans pourtant, qu’elle ne connaissait déjà

Isabel était là, la tête dans mon cou
Au lieu de dire : « je t’aime » elle me disait : « devine »
Je lui répondais d’un baiser sur ses yeux doux
Et je sentais son cœur battre dans ma poitrine
Isabel du silence, aux musiques mystérieuses
Accrochées de l’enfance aux arbres foudroyés
Lorsque me terrassait cette mort insidieuse
Qui serpente entre désir et realité

Isabel en tailleur, assise sur le lit
Vibrait de tout son cœur quand nous lisions à deux
Les poètes fraternels par l’amour anoblis
Pauvres transfigurés, misérables somptueux
Isabel demi-brume, les soirs d’Apollinaire
Un voyou ressemblait à ton image floue
Un voyou caressant comme une fleur de misère
Frêle dans son printemps comme les gueules-de-loup

Isabel amoureuse voguait dans les grands fonds
Lunaire, avec la face glacée pour les adultes
Et l’autre, face brûlante de ses seize ans profonds
En bouquet pathétique pour que l’amour exulte
Isabel de la nuit, poète assassinée
Par le monde des hommes qui parlent poésie
Au prix d’une muselière offerte à l’adorée
Désirée puis vaincue, j’ai mal d’écrire ceci

Isabel me parlait parfois de ses amis
Qui l’aimaient mais qui ne lui ecrivaient jamais
De ses parents, de ses sœurs, de ses frères aussi
Pourquoi les avoir fui si cela était vrai ?
Isabel de mon cœur avait besoin d’amour
De serrer dans ses bras, de pleurer de tendresse
De jouer toute la nuit à oublier le jour
Le jour et son mirroir qui renvoie la détresse

Isabel est partie par un soir de novembre
Quand de trop être ensemble, on en perdit l’envie
Quand une poussière de mort s’abattit dans la chambre
Quand plus rien ne coulait dans le mitan du lit
Isabel la tristesse, mon cœur se serre encore
Sur ce quai de malheur, bon dieu qu’il faisait froid!
Ton enfance est restée pareille à l’oiseau mort
Dans mes mains d’enfant triste qui se souvient de toi

Isabel a quittée ce pays embourbé
Où personne ne comprit son silence hostile
Que juste un peau d’amour, d’amour ou d’amitié
Pouvait briser car sa peur était bien fragile
Isabel de l’absence, qui est-elle aujourd’hui ?
Je sais que de temps en temps, comme en aparté
On pense l’un à l’autre bien que l’amour ait fui
Laissant les traces d’or de la fidélité

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