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La chanson « Teddy, le chien et les routiers » a été interprétée par Jacques Hourdeaux
et apparaît sur l'album Teddy, le chien et les routiers (1979)

Paroles de la chanson :

Du temps a passé, depuis le jour où sur mon C.B.,
Le radio-téléphone de bord de mon camion,
J'avais capté le message de Teddy
Un petit garçon handicapé
Nous étions dev'nus de vrais amis, lui et moi,
Sitôt qu'j'avais un peu de liberté, je m'arrangeais pour venir le voir
Et lui apporter quelques douceurs
Il me parlait souvent de la première visite qu'on lui avait faite
Et des mille petites choses qu'on lui avait données
Pourtant, je sentais bien que ces visites trop rares
Ne suffisaient pas à lui redonner le moral nécessaire pour guérir
Il fallait pour Teddy un autre compagnon
Qui soit près de lui plus souvent
Ce compagnon, le hasard allait le placer sur mon chemin

C'était l'époque où toute une population se jette
Pêle-mêle sur les routes,
Ça s'appelle les vacances
Et ça ne souffre aucune entrave
On sacrifie tout à la folie du départ
On plaque tout, et on s'en va,
Nous les routiers, pendant quarante-huit heures,
On s'arrête et on laisse passer le flot

J'avais donc rejoint mon port d'attache
En attendant la fin de cet exode
Et pour tuer un peu le temps
J'allai marcher dans la campagne
C'est là que j'ai trouvé Patapoil,
C'était un pauvre petit chien tout affolé,
Un corniaud que des salauds avaient attaché à un arbre
Avec du fil de fer

On d'vinait l'histoire
La voiture bondée et le petit animal
Qui avait voulu à tout prix
Etre lui aussi d'la fête,
On l'avait rejeté une fois, deux fois,
Et puis devant son entêtement
On l'avait amené pour l'abandonner
Lâchement quelques kilomètres plus loin
Dans le premier bois venu

Il s'était débattu, s'entortillant dans le fil
Au point de s'entamer profondément les pattes
Il avait crié, crié, appelant au secours
Ceux qui déjà l'avaient oublié
Couché sur le flanc, ce n'était plus qu'une pauvre petite boule de poil
Sanglante et meurtrie
C'est pour ça que j'l'appelai Patapoil

Je m'approchai de la bête
Et lentement, avec précaution
J'arrivai à la délivrer de ses liens
D'abord elle me mordit
Et puis elle me lécha les mains avec reconnaissance
Je la ramenai au camion
La soignai de mon mieux
Et c'est là, en voyant ce petit chien boitiller sur trois pattes,
Que j'associai Teddy à cet incident
Ce fut comme un déclic
Il était là le compagnon de tous les jours, de toutes les heures,
Blessé comme lui, solitaire comme lui
Ils uniraient leurs deux malheurs
Et s'aideraient l'un et l'autre à guérir

J'enclenchai le radio-téléphone et j'appelai
"Allo, allo Teddy Bear ? J'appelle Teddy Bear,
Allo Teddy c'est toi ? ici ton ami le routier,
Ecoute Teddy je viendrai te voir demain,
Non non je n'peux rien te dire, c'est une surprise
Bonsoir Teddy, à demain"

Dans la soirée, je passai un appel général aux copains
J'en accrochai trois ou quatre
Je leur expliquai l'affaire, ils me promirent tous
D'être là
J'installai le petit animal sur un tas de vieux chiffons
Je grimpai dans ma couchette et je m'endormis,
Heureux

Le lendemain, on a pris le bahut
Et on a filé chez Teddy, les copains et moi
Tous des gars terribles
Ils s'étaient débrouillés dans la nuit
Pour faire quelque chose pour le gosse,
Sponky avait construit une niche avec des planches,
Un autre avait tressé un collier et une laisse
Pour que Teddy puisse emmener Patapoil en promenade
Quand il remarcherait
Un autre qu'on appelle le "cochon à roulettes",
Parce qu'il conduit le camion frigo d'une charcuterie industrielle,
Avait voulu apporter de la viande pour toute une ménagerie

Quand on a poussé la porte de la petite maison
J'ai cru un instant que Teddy allait sauter de son lit
Et marcher, il battait des mains,
On l'a assis dans son fauteuil
Et on a posé Patapoil sur ses genoux inertes
Il l'a serré, serré contre son cœur
Ils mêlaient leurs larmes de joie

J'ai vu tout de suite que c'était gagné,
Que ça collerait bien tous les deux,
Ah ! On a passé une fameuse journée
Et quand il a fallu repartir
Tous, même le vieux Ben qui va bientôt lâcher le volant,
On avait vraiment l'impression d'avoir sept ans

Comme la première fois,
Le C.B. nous a rappelé quelques kilomètres plus loin,
D'abord on n'a rien entendu
Et puis, en prêtant bien l'oreille
On a perçu de petits aboiements
Auxquels se mêlaient de gros sanglots d'enfant.
C'était Teddy et il nous a dit :
"Merci, merci à vous les copains
Vous avez été formidables.
Vous m'avez donné la plus grande joie de ma vie
Même si je ne dois plus remarcher, jamais"
On n'a plus osé se regarder, nous autres.
On s'est quittés bêtement sans savoir quoi dire
On venait de prendre vite fait
Un sacré coup de vieux.
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