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La chanson « Réponse de l'étudiante à l'étudiant » a été interprétée par Gustave Nadaud


Paroles de la chanson :

Mon bon ami, je prends la plume
Qui restait à mon vieux chapeau,
Et, pour écrire ce volume,
Je la taille avec ton couteau.

Tu me demandes des nouvelles
De nos amis... Ne sais-tu pas
Que les oiseaux ont pris leurs ailes.
Et que je suis seule ici-bas ?

L’an dernier, le jour de ta fête,
Tu me menas à l’Odéon,
Pour applaudir le drame honnête
De tes amis Paul et Léon ;

Et l’on joua la pauvre pièce
Devant trois polytechniciens,
Treize claqueurs, une négresse,
Et puis nous deux ; tu t’en souviens ?

Voilà, mon cher, l’image exacte
De notre Paris si changeant ;
Je demande le cinquième acte,
Ou qu’on me rende mon argent !

On ne reconnaît plus personne ;
Quelques familles d’Albion
S’en vont regarder la Sorbonne,
Ou visiter le Panthéon.

Berthe, en ce moment, se repose
Chez ses parents, dans un château ;
C’est en Auvergne, je suppose :
Elle a deux oncles porteurs d’eau.

Clara, tu sais, celle qui boite,
Cherche en Espagne le Pérou ;
Angèle est sur la rive droite,
Clarisse est on ne sait pas où.

Enfin, nos meilleures amies
De leur mieux savent s’arranger
Elles font des économies
Sur la province et l’étranger.

Et moi, je reste et je travaille,
En comptant les nuits et les jours ;
Je me fais un chapeau de paille...
Que dis-je ? un chapeau de velours.

Ce matin, j’ai vu Marguerite ;
Sur ton compte je m’alarmais ;
Elle a fait une réussite ;
Les cartes ne mentent jamais.

Venez, monsieur, que l’on vous gronde !
Je voyais clairement là-bas
Certaine demoiselle blonde
Qui me causait bien du tracas.

Le carreau perd, le trèfle gagne ;
L’as de pique est bien négligent ;
Cœur... c’est un homme de campagne
Qui doit m’envoyer de l’argent.

D’ici, moi, je ne puis connaître
Quel est ce campagnard charmant
Cherche qui cela pourrait être,
Et dis-le-moi très promptement.

On a beau rester sage et sobre,
On a sa table et son loyer ;
Tu sais que le terme d’octobre
Est toujours le diable à payer.

J’ai d’autres choses à te dire ;
Mais tu vas être bien contrit ;
Je n’oserais jamais écrire
Tout ce qui me vient à l’esprit.

Aussi, mon ange, j’y renonce,
Pour ne pas flatter mon prochain.
Songe que j’attends ta réponse
Avant le huit du mois prochain.

Adieu, laisse là ta rivière,
Ton foin, ton oncle, et pense à moi ;
Si tu possèdes la chaumière,
Le cœur est ici tout à toi.

Ma main a besoin de la tienne ;
Je fais des rêves absorbants...
Si tu passes par Saint-Étienne,
Apporte-moi quelques rubans.

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Renvoie à Gustave Nadaud/Lettre d'un étudiant à une étudiante
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