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La chanson « Lettre d'un étudiant à une étudiante » a été interprétée par Gustave Nadaud


Paroles de la chanson :

Je t’ai promis, petite folle,
De t’écrire au moins une fois
Avant ma rentrée à l’école ;
J’obéis toujours, tu le vois.

Que te dirai-je ? Que je t’aime…
Méchante, vous le savez bien.
Puis, tu me répondrais de même,
Et cela ne prouverait rien.

Parlons plutôt de mon voyage :
Je m’amuse comme un enfant ;
Je suis chez mon oncle-héritage
De qui tu rêves si souvent.

Toi qui n’as jamais, que je pense,
Dépassé Saint-Cloud ou Pantin,
Tu te figures que la France
N’existe qu’au pays Latin.

Détrompe-toi, ma bonne amie,
La province a des habitants
Qui vivent avec bonhomie,
Et qui sont toujours bien portants.

Ils ont un soleil magnifique,
Un air pur, un vaste horizon ;
Depuis que le printemps abdique,
L’automne est la douce saison.

Je vois d’ici des paysages
Comme on en peint dans les tableaux ;
Les prés, les bois et les villages
Posent exprès sur les coteaux.

Là-haut, la butte aride et sèche ;
J’y chasse, sans savoir pourquoi ;
Là-bas, la rivière où je pêche,
Ce qui me fait penser à toi.

Puis, c’est une saveur champêtre
Qui semble sortir du terroir ;
Des paysans, sans me connaître
En passant, me disent bonsoir.

Tu ne te doutes pas des choses
Que l’on peut apprendre en courant :
Sais-tu ce qui produit les roses ?
Des rosiers. Cela te surprend ;

Car tu n’as jamais lu Malherbe,
Ni Buffon, ni monsieur Cousin.
On fait le foin avec de l’herbe,
Et le vin avec du raisin.

Une autre chose que j’admire,
Ce sont les moulins : c’est charmant ;
Cela tourne à mourir de rire ;
On n’a jamais bien su comment.

Il faut que je te dise encore
Que je suis vivement épris
D’une étrangère : c’est l’aurore,
Qu’on n’a jamais vue à Paris.

Ce matin, près de la rivière,
Je marchais, un livre à la main ;
J’ai découvert une chaumière
Où ne conduit aucun chemin ;

Un toit de mousse et de verdure,
Étroit pour un, large pour deux ;
Un nid construit par la nature
Pour abriter un couple heureux.

Et je me disais que la vie
Y pourrait être douce un jour,
Pour peu que ma philosophie
Se parfumât de ton amour.

Et voilà les rêves que j’aime,
En attendant les jours frileux,
Et ma chambrette du cinquième
Et le cours de Duranton deux.

Adieu, ma chatte, sois bien sage,
Tiens tout ce que tu m’as promis,
Et réponds à mon griffonnage
En me parlant de nos amis.

Adieu, je t’embrasse à pincettes,
Sur ton col blanc, sur ton œil noir,
Et surtout sur les deux fossettes
Qui m’ont pris mon cœur un beau soir.

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voir Gustave Nadaud/Réponse de l'étudiante à l'étudiant
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