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La chanson « Chanson du maire d'Eu » a été interprétée par Chansons populaires


Paroles de la chanson :

I
L'ambition, c'est des bêtises,
Ça nous rend toujours soucieux,
Mais dans le vieux manoir des Guises,
Qui ne serait ambitieux ?
Tourmenté de l'envie de faire… / Tourmenté du besoin de faire
Quelque chose dans ce beau lieu / Quelque chose sur ce beau lieu
J'ai brigué l'honneur d'être maire
Et le Roi m'a fait maire d’Eu / Et l’on m’a nommé maire d'Eu

II
Notre origine n'est pas claire,
Rollon nous gouverna jadis,
Mais César fut-il notre père
Ou descendons-nous de Smerdis ? (1)
Dans l'embarras de ma pensée,
Un mot peut tout concilier,
Nous sommes issus de Persée
Voyez plutôt mon mobilier.

III
Je ne suis pas fort à mon aise,
Ma mairie est un petit coin,
Et mon trône une simple chaise / Mon trône une petite chaise
Qui me sert en cas de besoin.
Mes habits ne sentent pas l'ambre,
Mon équipage brille peu,
Mais que m'importe ! Un pot de chambre (2)
Suffit bien pour un maire d'Eu.

IV
Cette garde-robe modeste
Me convient et comble mes vœux
Fasse le ciel qu'elle me reste
Et je serai toujours heureux.
Puisse le prince, dont sans cesse
La France bénit les bontés
Me conserver dans ma vieillesse
Mes petites commodités.

V
Partout on vante ma police / On vante partout ma police
Ce qu'on fait ne m'échappe pas,
À tous je rends bonne justice
J'observe avec soin tous les cas.
On ne peut ni manger ni boire
Sans que tout passe sous mes yeux
Mais c'est surtout aux jours de foire
Qu'on me voit toujours sur les lieux.

VI
Je suis d'humeur fort débonnaire
Et ne me fâche pas souvent,
Pour prononcer en toute affaire,
J'examine d'où vient le vent.
Vaine rumeur ne m’émeut guère
Et l'an dernier contre l'Anglais
Lorsqu'il courait des bruits de guerre
Moi je m'en tins aux bruits de paix.

VII
Grâce aux roses que l’on recueille
Dans mon laborieux emploi,
Je préfère mon portefeuille
À celui des agents du roi.
Je brave les ordres sinistres
Qui brisent un pouvoir tout net / Qui brisent ce pouvoir tout net
Et plus heureux que les ministres / Et plus puissant que les ministres
J'entre en tous temps au cabinet.

VIII
Des flatteurs vantent leur science / Des flatteurs vendent leur science
Et la beauté de leur budget / et la beauté de leurs budgets
Mais souvent leurs plans de finance / Mais souvent leur peu de finance
Compromettent nos intérêts / Compromet tous nos intérêts
Moi, j’ai les visions plus nettes / Moi, j’ai la visière plus nette
Et vous allez être étonnés / Car, vous en serez étonnés…
Lorsque je me sers de lunettes
Je ne les mets pas sur mon nez.

IX
Je me complais dans mon empire,
Il ne me cause aucun souci,
J'aime l'air pur qu'on y respire / Moi, j’aime l’air qu’on y respire
On voit, on sent la mer d'ici.
Partout l'aisance et le bien-être,
Ma vie est un bouquet de fleurs ;
Aussi j'aime beaucoup mieux être
Maire d'ici que maire d'ailleurs / Maire d’Eu que maire d'ailleurs

X
Vieux château bâti par les Guise / Vieux château bâti par les Guises
Mer d'azur baignant Le Tréport,
Lieux où Lauzun fit des bêtises,
Je suis à vous jusqu'à la mort.
Je veux, sous l'écharpe française
Mourir en sénateur romain,
Calme et tranquille sur ma chaise
Tenant mes papiers à la main.

XI
Je pose maintes sentinelles
Autour de mes petits plats.
À braver leurs lignes, fidèles
Passants, ne vous hasardez pas.
Si dans votre imprudence extrême,
Du bout du pied vous les heurtez
Vous sentirez à l'instant même
A qui vous vous êtes frottés.

XII
J'ai pour m'aider de ses lumières
Un adjoint [... passage...
..... illisible....
........sur........
........le.........
.....manuscrit... ] et prudent
Qui fouille d’abord les matières

XIII
Mais qu'une auguste voix m'ordonne
De résigner ma dignité,
Quelque successeur que l'on me donne,
De ma main sans difficulté
Je lui baillerai la cédule
Dûment scellée au beau milieu
De la vénérable virgule,
Noble blason des maires d'Eu.

XIV
Par quelques matières discrètes,
J'ai le doux et flatteur espoir
D'en sortir les culottes nettes
Comme chacun pourra le voir.
Alors libre de toute affaire,
Mes soins se trouveront bornés
À regarder les autres faire
Sans pouvoir y mettre le nez.

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(1) Bardiya (mort en -525 ou -522), fils de Cyrus II, de la dynastie des achéménides, Grand Roi de l'empire perse pendant quelques mois en -522, est également connu sous les noms grecs de Smerdis, Mergis, Mardos et Tanyoxarkès.
(2) un pot de chambre désignait aussi un tout petit carrosse qui conduisait à la cour de Versailles... avant la révolution
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